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Bien nourrir son cheval n’est ni facile ni instinctif pour nous les humains. Et on peut vite se sentir perdus face à la diversité des aliments qui nous sont proposés.

Pourtant, la bonne gestion de l’alimentation du cheval est essentielle à son bien-être et à sa bonne santé.

Pour bien la maîtriser, il faut comprendre le fonctionnement du système digestif du cheval, connaitre ses besoins alimentaires et savoir calculer les bonnes rations.

C’est ce que nous allons voir en détail dans cet article.

LE FONCTIONNEMENT ALIMENTAIRE ET DIGESTIF DU CHEVAL

Le cheval est un mammifère herbivore. A l’état naturel, il mange pendant 15h/16h par jour. Ainsi, il mange les 2/3 de son temps, jours et nuits mais en petites quantités et quasiment en continu.
Son système digestif est donc adapté à ce mode d’alimentation.

L’estomac du cheval est de petite taille avec une capacité de seulement 10 à 12L. Avec 50 à 70L (aliments + salive) ingérés par jour il doit donc se vider 6 à 8 fois par jour. Le cheval va mâcher soigneusement et humidifier les aliments grâce à la salive avant de les avaler. Ils sont ensuite prédigérés dans l’estomac grâce à l’action des sucs gastriques.

Lorsque l’estomac est plein, il se vide dans l’intestin grêle. Une digestion enzymatique se produit alors avec l’action de sucs digestifs.

Enfin, la fin de la digestion a lieu dans le caecum et le gros intestin grâce à la flore intestinale et ses micro-organismes bactériens. Cette flore va s’adapter et évoluer en fonction de ce que le cheval consomme.

On peut également noter que les dents du cheval poussent en continu et que le cheval ne peut pas vomir (cause principale des coliques).

Le système digestif du cheval

Schéma simplifié de l’appareil digestif du cheval. Source @ifce

LES BESOINS ALIMENTAIRES DU CHEVAL

Les fourrages

Les fourrages comprennent le foin, l’herbe, la paille, les enrubannage et les ensilages.

Pour bien nourrir votre cheval, vous devez en faire la base de son alimentation.

Les fourrages sont riches en fibres et d’une plus grande taille. Cela permet d’augmenter le temps de mastication et ainsi la production de salive.
Cela présente plusieurs intérêts:

  • La production de salive améliore la prédigestion dans l’estomac
  • La salive entraîne une baisse de l’acidité du pH de l’estomac donc limite l’apparition d’ulcères
  • Un cheval qui prend plus de temps à manger s’ennuie moins et développe donc moins de tics de comportement
  • Une mastication plus longue entraîne une meilleure usure des dents

La quantité de fourrage ingérée par un cheval lors d’un accès à volonté est de 7 à 15 kg par jour.

L’idéal est de respecter cette quantité et de l’étaler sur la journée. Vous pourrez ainsi donner 2 à 3 rations de foin par jour et adapter la quantité à ce qu’il reste dans le box.
En effet, les chevaux qui ont accès à de l’herbe vont manger une quantité inférieure de foin.

Le cheval peut également consommer la paille de son boxe. Mais la paille est moins digeste que le foin. Elle peut permettre d’éviter l’ennui mais ne doit en aucun cas se substituer au foin.

Les aliments concentrés

Les aliments de base sont l’avoine, l’orge et le mais.

Les granulés et les floconnés sont composés de ces aliments mais également de minéraux, protéines et vitamines dont le cheval a besoin.

Les granulés sont plus secs et moins riches en fibre que les floconnés. Ils sont avalés plus rapidement, avec une faible quantité de salive sécrétée ce qui les rend bien moins digestes que les floconnés.

Le mash est un mélange de céréales très apprécié par les chevaux. Il est composé de 2 céréales de base, le son d’avoine et les graines de lin, auxquelles s’ajoutent un mélange d’autres céréales. Le mash est préparé en laissant tremper le mélange dans de l’eau chaude pendant plusieurs minutes avant de laisser refroidir et donner au cheval. Il est très digeste, améliore le transit et permet même un nettoyage des intestins. Il a également des vertus réhydratantes, détoxifiantes et décongestionnantes. Vous pouvez en donner une à deux fois par semaine en récompense après le travail mais il ne doit pas se substituer à la ration quotidienne.

Vous pouvez également utiliser des compléments alimentaires spécifiques en cas de carence de votre cheval ou pendant les changement de saison par exemple.

L'eau

Un cheval boit entre 20 et 60L d’eau par jour en fonction de la température et des aliments qu’il consomme.

L’eau doit être disponible en accès libre et en permanence.

Les autres aliments

Un bon apport en sels minéraux est bénéfique pour le cheval. Même s’ils sont en partie présents dans les concentrés, il est conseillé de mettre à disposition de votre cheval une pierre à lécher.
En plus d’améliorer l’apport en sels minéraux, cela évite l’ennui.

Les friandises comme les pommes ou les carottes sont très appétantes pour les chevaux. En plus d’être bon pour son moral, cela peut vous permettre de renforcer les liens avec lui. Elles peuvent également être utilisées comme un renforcement positif lors des séances de travail.
Cependant, attention de ne les donner qu’en petites quantités.

Pierre de sel de l'Himalaya

Pierre de sel de l’Himalaya Zooplus

COMMENT DÉTERMINER LES BONNES RATIONS?

Bien nourrir son cheval, c’est adapter sa ration alimentaire en fonction de sa race, son âge, son poids, son activité ou encore son comportement.

Pour respecter totalement le système digestif du cheval, les concentrés devraient être donné en 10 à 12 rations par jour. Mais, à part les Écuries actives qui permettent ce genre de distribution, on se contente de 3 rations par jour.

L’apport total quotidien recommandé (fourrages et concentrés) est d’en moyenne 2,5% du poids du cheval.

Vous pouvez donc utiliser ce calcul simple pour déterminer la ration:

Ration totale quotidienne = (masse corporelle / 100) x 2,5

Par exemple pour un cheval de 500kg: (500/100) x 2,5 = 12,5 kg à répartir entre le fourrage et les concentrés.

Concernant le fourrage, comptez entre 1,5 et 2 kg  pour 100kg de masse. A cela, vous allez ajouter les concentrés pour arriver aux 2,5% du poids de votre cheval.

Il vous faut évidemment adapter la ration en fonction de l’état de votre cheval (s’il a besoin de grossir ou de maigrir), et à son activité.

Pour calculer le poids de votre cheval, vous pouvez très simplement utiliser ce simulateur poids en ligne.

QUELQUES RÈGLES POUR BIEN NOURRIR SON CHEVAL

Les erreurs à éviter

Bien nourrir son cheval c’est respecter son système digestif en évitant de commettre certaines erreurs. Ainsi, vous pouvez également lui éviter beaucoup de problèmes de santé.

  1. Donner des repas trop volumineux

    Quand il est plein, l’estomac se vide dans l’intestin grêle. Les repas trop volumineux le contraignent à se vider pendant un même repas et certains aliments auront donc été moins bien digérés. En donnant des petites rations, plusieurs fois dans la journées les aliments restent plus longtemps dans l’estomac et sont mieux digérés.

  2. Laisser votre cheval sans aliments à sa disposition pendant plusieurs heures

    Quand l’estomac est vide, son acidité augmente et avec elle le risque d’ulcères douloureux. De plus, cela entraîne de l’ennui et l’apparition de tics de comportement.

  3. Distribuer le foin après les concentrés

    Le cheval prend plus de temps à mastiquer le foin et il sécrète plus de salive. Cette salive va favoriser la digestion et améliorer le pH de l’estomac, le préparant ainsi  à l’arrivée des concentrés.
    De plus, si vous donnez le foin après les concentrés, ils vont être poussés par le foin dans l’intestin grêle. Les concentrés sont moins digestes que le fourrage, on préfère donc qu’ils restent plus longtemps dans l’estomac afin d’éviter les bouchons.

    Assurer votre cheval

  4. Ne pas faire de transition lors de introduction d’un nouvel aliment

    Comme nous l’avons vu dans la 1ère partie, la flore intestinale du gros intestin s’adapte en fonction de ce que le cheval consomme. Mais elle a besoin de temps. Il est donc très important d’introduire très progressivement tout nouvel aliment (changement de concentrés, mash, nouvelle variété de foin, introduction dans un pré avec une herbe grasse). Si vous ne faites pas cette transition, vous augmentez dangereusement le risque de colique pour votre cheval.
    Voici un exemple d’introduction d’un nouvel aliment floconné:

    • J1 et J2: 75% de l’ancien aliment et 25% du nouvel aliment
    • J3 et J4: 50% de l’ancien aliment et 50% du nouvel aliment
    • J5 et J6: 75% de l’ancien aliment et 25% du nouvel aliment
    • J7: 100% du nouvel aliment
  5. Donner du fourrage du mauvaise qualité

    Bien nourrir son cheval, c’est aussi lui donner des aliments de qualité. Et en particulier les fourrages, qui constituent la base de son alimentation.
    Un bon foin doit être sec, non poussiéreux et sentir bon. Dans le cas contraire, vous risquez une colique ou une irritation des voies respiratoires (emphysème).

  6. Donner un repas de concentrés moins d’1 heure avant le travail

    Pour commencer, cela est inconfortable pour le cheval. Mais surtout vous risquez de lui provoquer une colique. En effet, lors de l’effort, le volume sanguin dont a besoin le système digestif est redirigé vers les muscles. Cela a pour conséquence un défaut d’oxygénation et donc un fonctionnement altéré de la digestion.

Le fourrage, base de l'alimentation du cheval

Quelques conseils à suivre

Pour terminer, voici quelques conseils à suivre pour encore mieux nourrir votre cheval.

  1. Respecter des horaires fixes

    Le cheval aussi a une horloge biologique interne qui va influencer sa faim. Ainsi, il va anticiper les sécrétions digestives et réguler son métabolisme avant un repas. Le nourrir à heures fixes permet donc d’améliorer de manière significative son confort biologique et psychologique.

  2. Conseils pour les chevaux qui mangent trop vite

    Si votre cheval mange son foin trop rapidement, vous pouvez mettre le foin dans un filet à foin, un bac à foin ou un râtelier avec séparateur. Concernant les concentrés, vous pouvez disposer des morceaux de pierre à selle dans la mangeoire afin de ralentir la prise du repas. Dans les 2 cas, un cheval qui mange plus lentement sécrète plus de salive et mastique plus longtemps, ce qui est bénéfique à la digestion. De plus, passer plus de temps à manger lui évite de s’ennuyer.

    Le fourrage à la base de l'alimentation du cheval

    Filet à foin Kramer

  3. Disposer le foin proche de l’abreuvoir

    Certains chevaux adorent mouiller leur foin en le mangeant. Cela stimule la sécrétion de salive et de plus un foin mouillé est plus digeste.

  4. Mouiller le foin avant de le distribuer

    Vous pouvez simplement l’arroser pour éliminer la poussière ou même le laisser tremper quelques minutes pour les chevaux présentant de l’emphysème.

  5. Prévoir une sortie quotidienne dans un paddock avec de l’herbe

    Cela est très bénéfique pour le moral de votre cheval, pour sa digestion avec un apport lent de fourrage, pour la qualité de ses rapports sociaux et également pour son besoin quotidien de se déplacer.
    Je ne vais pas mâcher mes mots, de mon point de vue, laisser un cheval 23h/24 au boxe 7j/7, c’est ni plus ni moins que de la maltraitance et de la méconnaissance des besoins naturels du cheval.

Pâturage cheval

EN RÉSUMÉ

Bien nourrir son cheval est très important pour sa bonne santé et son bien-être général.

Voici les principales règles à respecter:

  • Adapter son alimentation à son âge, son sexe, son activité, sa race et son comportement
  • Respecter le fonctionnement de son système digestif
  • Faire du fourrage la base de l’alimentation
  • Calculer les rations en fonction du poids du cheval et l’adapter à son activité et son état physique

Si cette article vous a plu, laissez-moi vos remarques en commentaires.
Vous pouvez partager avec les autres lecteurs le régime alimentaire de votre cheval. Cela pourrait être intéressant de comparer.

A bientôt pour de nouveaux conseils!

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